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Baptiste Mourrain : fine lame pour ambition aiguisée

Récompensé par du bronze sur la scène européenne, le Niçois Baptiste Mourrain est un fleurettiste d’avenir

A 16 ans et tout juste médaillé de bronze cadet par équipe aux championnats d’Europe de Klagenfurt en Autriche (avec ses comparses Molinaro, Collineau et Auclin), Baptiste Mourrain est actuellement le meilleur fleurettiste français de sa génération. Le leurre rigide et opaque du masque noir du frêle ferrailleur ne fait guère plus illusion face à des adversaires en garde. D’autant que ses performances internationales sont régulières et prometteuses. En Autriche, le spadassin s’est également classé 5e en individuel, dopant sa courbe de progression après sa 40e place mondiale l’an dernier. Des résultats flattés par son entourage : « L’entraîneur de l’équipe de France était content pour notre médaille, la première depuis trois ans dans cette catégorie » se réjouit Baptiste. Le fruit d’un dur labeur pour celui qui bretaille (1) depuis ses cinq ans : « J’ai découvert jeune l’escrime grâce à mon frère ainé Aymerick qui pratique toujours ».

Choix de carrière

Mais voilà, la trajectoire sportive du sémillant duettiste croise le fer avec son parcours scolaire. En Terminale S au lycée du Parc Impérial, il prépare son bac avec un an d’avance, en parallèle d’un planning d’entraînement chargé. D’ici quelques jours, le discret mais réfléchi jeune homme devra choisir entre viser une classe préparatoire et suivre trois séances hebdomadaires de deux heures minimum avec son illustre maître d’armes Jean-Noël Ferrari ; ou prendre la direction du pôle espoir à Lille pour se consacrer pleinement à sa discipline. Ce choix, son frère l’a déjà fait en restant à Nice et sa maman prévient, elle ne tentera pas de riposte : « Ce sera son propre choix, je ne veux pas qu’il ait de regrets ».Quant à son maître d’armes, il loue les talents et l’exploit de son protégé : « Il a ramené la première médaille dans cette catégorie depuis près de 15 ans au club ».

Une réussite au prix de sacrifices

Ces performances, Baptiste les doit à son travail acharné et à de nombreux sacrifices : « Je suis pris tous les week-ends en ce moment, je n’ai pas eu de vacances scolaires et n’ai pas pu aller skier ou me détendre avec les potes comme j’aime le faire » regrette-t-il. Mais son ambition reste bien réelle : « Le choix que je dois faire est difficile mais c’est sur que je veux continuer l’escrime ». Reste à savoir si les sacrifices consentis depuis son plus jeune âge et les tentations afférentes à la vie étudiante n’auront pas raison de ce jeune talent. Peu de chances tout de même tant il semble avoir la tête sur les épaules, mais dilemme tout de même. « Sans le duel on ferait de l’escrime tranquillement » disait Jules Renard.

Thomas MICHEL

Post-Scriptum

(1) Fréquenter les salles d’armes