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Blain : "Je suis né au bon endroit"

Il a touché à toutes machines sur deux roues et sans moteur. A 30 ans, Alexandre Blain, véritable globe-trotter des variantes de la petite reine est totalement épanoui dans sa nouvelle équipe, Endura Racing. Il n’en oublie pas pour autant sa région et sa ville natale : Nice.

Alexandre quel type de coureur es-tu ? Un homme de classique. J’aime les courses à l’usure, quand ça se décante au fur et à mesure. Avec des moments stratégiques très importants. Là où le placement est capital. Je ne lâche que très rarement dans la tête, donc j’ai toujours mon mot à dire lorsque les scénarios sont usants. Comme je suis assez lourd, je suis très à l’aise sur les Flandriennes. Par contre je ne passe pas les cols.

Tu es passé assez tard professionnel, à 26 ans, pourquoi ? J’ai commencé par le ski, puis le VTT de descente, le cross country et la route. Je suis également un très honorable pistard. Je suis un amoureux du sport. Il me fait vivre. J’ai également un bac + 5. Je n’ai pas tout sacrifié pour le vélo. J’ai tout fait pour vivre de ma première passion (ndlr : le VTT), mais j’ai très vite senti que ce n’était pas possible. Quand j’ai signé mon premier contrat en DN1, à Aix-en-Provence, j’ai eu un petit salaire qui m’a permis de me prendre mon premier appartement. Puis est arrivé 2008 et mon contrat pro chez Cofidis.

Quel est le plus grand souvenir de ta jeune carrière ? Mon Paris-Roubaix 2009. Malheureusement ma préparation avait été tronquée. Mais le matin au départ, j’avais le couteau entre les dents. Je n’ai rien lâché du début à la fin. Je me suis pas mal débrouillé et j’ai eu le plaisir de passer des secteurs pavés en tête. C’est une sensation exceptionnelle lorsque la foule s’écarte devant toi. J’étais dans le deuxième groupe dernière celui des favoris. J’avais l’impression d’être Boonen mais dix minutes après (rires). C’est un rêve d’y revenir un jour.

Me dorer la pilule au soleil, ne m’intéresse pas.

Tu peux également évoluer au sein d’un cadre idéal... A Nice, j’ai le plaisir de pouvoir m’entraîner sous des conditions climatiques optimales. Je suis né au bon endroit quand on veut être coureur cycliste. Le seul problème c’est pour trouver de longues portions plates. J’en cherche, alors que nombreux de mes collègues viennent ici pour le relief. La douceur de vivre ici est idéal. J’ai horreur de m’entraîner sous la pluie et pourtant j’aime ce genre de météo en compétition (rires). Je m’y exprime mieux. C’est tout un état d’esprit. Dès que j’ai le dossard dans le dos, quelles que soient les conditions météorologiques, je fonce.

Tu n’es pas seulement coureur cyclisme professionnel, mais également un triatlhète... J’essaye de voir tout ce que le triathlon peut m’apporter. Je m’intéresse à tout. Chaque compétition je l’aborde à bloc. Il faut que cela me soit utile pour la route. L’année dernière j’ai vite su que je n’allais qu’avoir une trentaine de jours de courses dans les jambes. Je me suis donc mis au triathlon. Je voulais avoir du volume. Ne pas rester là à rien faire. Me dorer la pilule au soleil, ne m’intéresse pas. J’ai quelques petits sponsors qui m’ont contacté. On m’a déjà proposé un partenariat pour des épreuves longue distance. Je veux pouvoir rebondir ailleurs après ma carrière professionnelle.

Un mot sur ta nouvelle aventure outre-Manche ? Je suis totalement reparti de zéro. J’ai dû m’adapter. Chez Cofidis j’étais toujours dévoué. On ne m’a pas renvoyé l’ascenseur. J’ai dû modifier mon plan de course. Je sais sprinter, mais je devais aussi aller dans les coups, mais pas trop, pour ne pas perdre trop de force s’il faut rouler. J’étais devenu un coureur banal. Chez Endura je renais. J’apprends à nouveau à courir. Je retrouve ma hargne, mon agressivité. Je me fais à nouveau plaisir. Lorsque je prends des claques, je sais que j’ai fait le maximum pour y arriver. Chez Cofidis je rentrais à l’écurie, j’avais perdu le goût de la course. J’étais rentré dans un système où l’on ne fait plus rien. Endura m’a insufflé cette grinta, être toujours d’attaque, ne jamais être mort.