Des studios pour se réinsérer
Dans la capitale azuréenne, de nouveaux appartements thérapeutiques sont à disposition des personnes « fragiles ».
« J’ai beaucoup de chance ! » Roger, retraité niçois, est fier de présenter son nouveau studio. Un F1 meublé sur le boulevard Tzaréwitch, à deux pas de l’église Russe de Nice, mis à disposition par la fondation patronage Saint-Pierre Actes. L’homme est ravi. Jusque-là, il séjournait à l’hôpital pour suivre son traitement mais il n’arrivait plus à assurer le coût des soins. « Ici, on communique et on a une assistance tout en gardant notre autonomie ! »
Depuis le 7 avril, 11 appartements de coordination thérapeutique ont été ouverts. « Il s’agit d’accueillir des adultes en grande précarité », explique Caroline Desrumeaux, auxiliaire de vie de la fondation. « On héberge de six mois à deux ans des individus qui ont besoin de soins et d’un suivi médical. » Un soutien social et psychologique, donc, réservé aux personnes marginalisées. Le tout pour 100€ par mois à la charge des occupants, « soit 10% du prix en hôpital. »
« Un programme de réinsertion au cas par cas »
Les bénéficiaires de ces logements sont entourés de personnels spécialisés. Médecins, infirmières, travailleurs sociaux… Autant de professionnels susceptibles d’aider les personnes à se sortir définitivement de leur mauvaise passe. « L’objectif est de les remettre en selle grâce à un programme de réinsertion au cas par cas », développe Nadège Valloire, psychologue.
Pour Roger, cette opportunité est un véritable tremplin. « Je veux m’installer dans le Haut-pays niçois, mais j’ai besoin d’économiser et de réapprendre à vivre seul. » Dans certains cas, les actions de la fondation vont même jusqu’à prendre en charge les frais de caution et du premier mois d’installation. La rénovation de l’immeuble a entièrement été financée par l’Agence Régionale de Santé(ARS) pour un coût de 750 000 euros.
Julie Caron et Alexis Lucchesi
Post-Scriptum
Une fondation dynamique
Depuis 2007, Saint-Pierre Actes multiplie ce genre d’initiatives. Aux 11 studios thérapeutiques du boulevard Tzarewitch s’ajoutent treize autres appartements de même type, disséminés un peu partout en ville. Au total, 24 places sont disponibles. Le budget de fonctionnement annuel, entièrement financé par l’ARS et le Conseil Général, s’élève à 720 000 euros.
Et les résultats sont là. « Une jeune femme est arrivée à l’ouverture des premières studettes dans une situation de grande précarité et sans aucun bagage scolaire », raconte Caroline Desrumeaux. « On l’a guidée vers une voie qui lui correspondait et elle a fini par suivre une formation. Aujourd’hui, elle est prof de yoga à son compte. »
Même si les happy ends sont les plus fréquents, l’auxiliaire déplore que « certaines personnes profitent des avantages financiers sans avoir pour ambition de s’en sortir réellement... » La fondation devrait assurer la création de quatre nouvelles places.



