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Dure synchronisation

Petit plongeon dans l’univers de la natation synchronisée niçoise.

« Déclarée source de jeunesse par votre corps ». On ne parle pas ici d’une célèbre marque d’eau minérale mais bien d’une discipline sportive des plus méconnues : la natation synchronisée. Petit plongeon dans les bureaux de l’ONN pour s’apercevoir que ce sport dit « artistique » est clairement en bas de l’échelle d’un club multimédaillés lors des récents championnats de France de natation à Schiltigheim. D’ailleurs, silence radio du côté de son directeur général Richard Papazian.

A Nice, c’est à l’occasion des championnats de France universitaires que la natation synchronisée est apparue comme l’attraction d’une compétition pourtant adepte des gros bras musclés des sprinteurs. Et pour cause : ce n’est que la deuxième année que cette catégorie fait partie du programme de ces championnats. Une réussite ? « Pas encore, selon Nathalie Batisteli, la responsable événementielle de la compétition. Il faut être clair, la natation et le water-polo restent les deux disciplines phares. Viennent ensuite le plongeon et pour finir, la natation synchronisée... »

De la gélatine animale, du maquillage et une bonne musique...

Côté tribunes, l’engouement est loin d’être transcendant pour cette danse sur l’eau. « Ce spectacle sportif nécessite un investissement sans égal dans les sports aquatiques. Que ce soit en solo, en duo, en trio ou en combiné, le spectacle est toujours au rendez-vous. Le choix de la musique est également important. Les nageuses se doivent d’être gracieuses et élégantes. La nage synchronisée est avant tout une performance esthétique » se défend Julie Creveaux, 23 ans, championne de la discipline.

C’est le cas de le dire. A la manière d’une danseuse professionnelle, les nageuses sont soumises à un rythme de vie des plus stricts. Entre contraintes esthétiques et physiques, les athlètes, en majorité des femmes, ressemblent comme deux gouttes d’eau aux danseuses « sur terre ». A quelques différences près que le maquillage et la coiffure des nageuses ne résistent pas autant à l’eau qu’au simple vent... « Pour être jolie, il nous faut de la gélatine animale pour se fixer les cheveux, du maquillage (super)waterproof. En gros, cette préparation peut durer plusieurs heures les jours de compétition. Un travail qui ne se voit tout simplement pas. »

La natation synchronisée est le seul sport aquatique jouant son rôle principal en dehors des bassins. Peut-être une des raisons de son manque de succès...

Nicolas Boffo

Post-Scriptum

Interview

Maëlle Perrier : "Grâce et élégance de rigueur"

La jeune lyonnaise s’essaie à la natation depuis maintenant six ans. Véritable passionnée de la discipline, elle vient de se classer 2e au Championnat de France Universitaire de natation synchronisée à Nice. Tour d’horizon de la discipline avec cette doctorante en droit à l’Université de Lyon III.

- La natation synchronisée, un sport accessible à tous ?

C’est un sport difficile demandant beaucoup de discipline, de grâce et d’élégance, qui sont les critères fondamentaux pour effectuer un bon ballet. Mais avant tout, le fait d’êre une bonne nageuse apparait comme primordial lors des premières chorégraphies.

- Quel peut-être le rythme d’investissement exigé ?

Hors compétition, les entrainements peuvent tourner autour de six heures par semaine. Et oui, la natation synchronisée nécessite autant de répétitions "à sec" que dans l’eau. De plus, le temps de préparation est très long car on nous demande d’être tout simplement parfaite au niveau esthétique. Cela rajoute une difficulté supplémentaire avec le maquillage et la coiffure, données très importantes d’une discipline dans lequel le 1/3 d’un ballet se déroule sous l’eau...

- Et quelle est la place de la "nat’ synchro" dans un club ?

Dans un club de natation, l’épreuve de la natation synchronisée est beaucoup moins considérée. Ce sport n’étant déjà pas médiatisé dans un club, les temps d’entrainements sont considérablement réduits par rapport au water polo ou la natation classique. Il y a donc encore beaucoup d’efforts à faire pour cette discipline.

Propos recueillis par Victoria Lasserre


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