Eric Roy : l’atout cœur
L’entraineur de Nice est un pur produit azuréen : formé au Cavigal, il est le guide des Aiglons depuis un an.
A 43 ans, il enchaine les séances d’entrainement comme à ses plus belles heures de joueur. Les footings, les séquences de reprise de volée, Eric Roy n’a rien perdu du mordant qui a fait de lui un joueur majeur de l’Olympique de Marseille à la fin des années 1990. Mais l’homme a changé, les cheveux grisonnants, la barbe apparente. Son amour du ballon est indéfectible, et c’est ce qui l’a propulsé au rang d’entraîneur de l’OGC Nice en mars 2010. Le club est au plus mal, Didier Ollé-Nicolle remercié, et le grand Eric sort de l’ombre pour sauver la patrie. Il fera bien plus que ça.
Le disciple des valeurs niçoises
En prenant les rênes de l’effectif professionnel, Eric Roy s’adjoint René Marsiglia, une pépite du cocon niçois. Une collaboration qui va vite porter ses fruits : « On communique énormément avec Eric. On échange, on donne notre opinion. Souvent nous ne sommes pas d’accord, mais c’est ce qui nous fait avancer » sourit Marsiglia. Les résultats sont immédiats : Nice se maintient en Ligue1, retrouve ses valeurs, et Eric Roy poursuit l’aventure pour une nouvelle saison.
Un homme tranquille
2010-2011 est plus irrégulier du côté du Gym. L’ancien n°6 croit pourtant énormément en son groupe : « Quand il y a eu des rumeurs sur un possible changement d’entraineur, ça nous a fait beaucoup rire. Le coach est un gros bosseur, son discours passe toujours et nous sommes très soudés dans le vestiaire. J’ai rarement connu une aussi bonne ambiance dans un groupe » tranche Didier Digard, l’un des relais de Roy sur le terrain. 2011, une leçon reçue par Lille, une fessée infligée par Paris et un non-match à Rennes ont commencé à fragiliser le staff technique niçois. Mais pour Gilbert Stellardo, le président niçois, il n’a jamais été question d’un changement d’entraineur : « Eric est un jeune entraineur, je crois que lui aussi a fait des erreurs à un moment donné. Mais on ne peut pas lui mettre le manque de performance de certains joueurs sur le dos. Si je l’ai confirmé dans son poste en début de saison, c’est que je pense qu’il peut devenir un grand manager dans les années à venir ».
Un golfeur prometteur
Le maintien bientôt en poche, Nice peut désormais voir venir. Mais comme Eric Roy ne se contente jamais de ce qu’il a, la Coupe de France est venu s’incruster dans le calendrier niçois. Les valeurs, chers à ce pur produit du Cavigal de Nice, se sont un peu effacés en championnat cette saison. Pourtant, le coach a su trouver des mots pour que ses hommes se battent en Coupe de France : « Ca faisait plusieurs années que nous ne passions pas le premier tour. Avant Créteil, le coach nous l’a répété. Et il a aussi profité du fait que c’était ma dernière saison pour faire son discours. Cette sorte de fil rouge sur ma fin de carrière, ça me fait plaisir qu’on en parle, et ça a peut être joué sur notre investissement en Coupe » explique Lionel Letizi. Et quand Nice s’est qualifié pour les demi-finales sur le terrain de Reims, Eric Roy ne pensait qu’à une chose : rentrer à Nice et faire un bon golf pour se vider la tête. Car la saison est encore loin d’être finie pour les Aiglons. La semaine en survêtement, l’entraineur opte pour le costume le week-end. Et quand il a un peu de temps libre, il « donne la leçon » à son ami Alain Boghossian, pantalon blanc et casquette sur la tête.
Matthias Duchez



