Flou artistique autour de Contador
Malgré ses excellents résultats en ce début de saison, Alberto Contador reste au coeur de la polémique. L’UCI a décidé de rester dans sa roue.
À l’heure où l’on remet en cause le dictat des oreillettes, accusées de biaiser les stratégies au sein du peloton, ce sont les grandes instances du cyclisme international qui semblent manquer de ligne directrice. Et l’affaire Contador en est la preuve la plus criante. Cela dure depuis le 21 juillet et l’ingestion d’un steack contaminé au clenbutérol. Ou plutôt l’indigestion quand on voit la tournure des choses.
Une attente étonnante
Inutile de refaire toute la chronologie de l’Affaire Contador. Si le contrôle s’est révélé positif le 21 juillet 2010, la décision de blanchir le coureur est finalement rendue publique le 15 février, quatre jours après que José Luis Zapatero a officiellement pris la défense du triple vainqueur du Tour de France. Coïncidence ou pression politique ? Mais le plus surprenant vient de l’UCI. Si l’instance internationale est convaincue depuis le départ de la culpabilité de Contador, elle a toujours suivi les coutumes en laissant d’abord la justice espagnole statuer. Mais si l’on jette un coup d’œil dans le rétro on constate que l’UCI avait donc plus de trois mois pour anticiper la décision de la RFEC (du 8 novembre 2010 au 15 février 2011), condamner le coureur ou le blanchir. Pourquoi l’UCI a-t-elle alors attendu le dernier jour du délai qui lui était imparti pour faire appel auprès du TAS ? Sachant que ce-dernier aura quatre mois pour réagir et apposer le point final de cet imbroglio à la fin du prochain Tour de France. La procédure pourrait encore traîner pour des raisons, en apparence futiles, telles que le choix des experts ou de la langue utilisée pour suivre ce dossier. Mais ne dit-on pas souvent que gouverner c’est prévoir ?
Une affaire qui ne profite à personne
Ce qui paraît le plus étonnant dans cette histoire, c’est que quelle que soit la décision du TAS, « l’instance la plus légitime » aux yeux de Pat McQuaid (président de l’UCI), elle n’arrangera personne. Le Cyclisme n’en ressortira pas grandi. Des soupçons pèseront sur la fédération espagnole et son impartialité. ASO, l’organisateur du Tour de France, s’offrira à nouveau un cas litigieux après avoir échappé aux affaires Armstrong, Landis et Rasmussen (précédents vainqueurs ou leaders soupçonnés). L’UCI non plus ne sera oubliée pour sa lenteur dans la procédure, alors même que Pat Mcquaid semble déterminé à aller jusqu’au bout de sa réflexion. Finalement, le seul à ne pas dérailler dans cette sombre affaire est encore le principal intéressé, qui survole actuellement le tour de Catalogne. Alberto Contador, s’il est à nouveau blanchi, aura fait preuve d’honnêteté, sans pour autant avoir eu à s’expliquer sur les traces de plastiques retrouvées simultanément, faisant penser à une transfusion sanguine. Décidément, comme l’avance lui-même Alberto Contador, « ce sport a encore beaucoup de questions à se poser » !
Anthony Verpillon



