Jeunes et talentueux
Pépinière de l’Europe, la France voit partir de très bons joueurs qui réussissent là où certains ont échoué.
Formés en France, de jeunes joueurs n’hésitent pas à partir à l’étranger. Certains pour l’argent, d’autres... pour du temps de jeu, tout simplement. Il n’est pas évident de réussir là où d’autres ont échoué. L’étranger : un traquenard pour certains, un tremplin pour d’autres.
Nombreux, sont ceux qui ont pris le risque de mettre les voiles. Pour certains, l’échec est cuisant. Les Aliadière, Meghni, Feghouli, Sinama-Pongolle, Le Tallec en sont les plus belles illustrations. La tempête du haut niveau en a fait des naufragés . D’autres, peut-être plus talentueux et surement mieux conseillés, mènent leur barque sur une mer plus calme. C’est au sein de modestes clubs qu’ils apprennent le métier de footballeur. A l’abri des médias, loin du « bling-bling » et de la « peopolisation » du football. En Angleterre, comme en Espagne, pourtant coutumiers du fait, deux joueurs explosent et démontrent au monde du football que l’expérience à l’étranger n’est pas un camouflet.
Adel Taarabt est incontournable en Angleterre. Ancien pensionnaire de Lens et de Tottenham, ce jeune Marocain de 21 ans fait les beaux jours des Queens Park Rangers. Club de l’Ouest londonien et propriété du patron de la Formule 1, Bernie Eccleston. Si Taarabt est surnommé « The new Zidane » par la presse anglaise, ses débuts ne furent pas des plus réussis. Arrivé dans un premier temps à Tottenham, Adel galère, son transfert est un flop. Tant et si bien qu’il regrette son départ de Lens. Contre toute attente, une proposition de prêt des « QPR » tombe du ciel. Une seconde chance... qu’il saisit. Une année en deuxième division qui l’aide à travailler sa condition physique encore trop limitée. Fin de saison, contrat de 3 ans à la clé, un objectif lui est demandé : participer à faire remonter le club parmi l’élite. Élu meilleur joueur de « Championship » et auteur de 15 buts et 15 passes décisives, le natif de Fès y a largement contribué cette année. Les « Super Hoops » sont premiers et sauf catastrophe devraientt connaître les joies de la montée.
Real Sociedad : bonne pioche
Antoine Griezmann, a lui, connu un parcours plus compliqué, semé d’embuches. Formé dans le petit club de l’UF Mâcon ( DH ) en Bourgogne, il se lance à la conquête de la Ligue 1. Refusé par plusieurs clubs dont l’AJ Auxerre, c’est à Saint Etienne qu’il est mis à l’essai . Durant cette courte période, il est repéré par les recruteurs de la Real Sociedad, traditionnellement friant de ce registre d’ailier virevoltant. Une période d’essai lui est proposé. L’entraineur en place, l’Uruguayen Martin Lasarte est épaté. Tous les avis sont unanimes : Antoine Griezmann est une perle rare qu’il faut conserver.
C’est le début de l’aventure. L’étranger lui ouvre ses portes. Il signe dans un club où l’objectif est clair : l’accession à la Liga. Après plusieurs très bonnes performances en « Segunda Division » et une saison complète , l’objectif est atteint : La Real retrouve l’élite. Il intègre en juillet 2010 l’équipe de France des moins de 19 ans avec qui il remporte l’Euro face à ... l’Espagne. De là, les plus grosses écuries européennes se mettent sur les rangs pour enrôler celui, qui, très vite est devenu le chouchou d’Anoeta. Marseille, Lyon, Manchester United et Arsenal font parvenir des propositions de qualité que l’intéressé préfère finalement décliner. En moins de deux ans, Adel Taraabt et Antoine Griezmann démontrent avec brio que dans le football, plus qu’ailleurs ; rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Florent Feraud



