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Jouer n’est plus gagner

Rugby - La Rochelle est l’une des équipes les plus joueuses du Top 14. Pourtant cela ne semble pas suffire pour espérer se maintenir. Ils pourraient même être officiellement relégués dès ce soir.

Aucune chance de maintien. Voilà ce que les observateurs promettaient aux Charentais. Sans véritables stars, leur avenir paraissait tout tracé. Une saison et puis s’en va, imitant ainsi Albi, Mont de Marsan ou encore Auch qui avaient montré la voie ces trois dernières saisons. Pourtant les Rochelais ont longtemps déjoué les pronostics. Bien aidés, il faut le dire par l’exercice calamiteux réalisé par les Berjalliens et les doutes récurrents des Brivistes. Cependant, réduire la saison rochelaise à la déroute de leurs adversaires serait bien trop restrictive. Résultats de la première partie de Championnat, le Stade Rochelais affiche un jeu constamment porté vers l’attaque. En témoignent les 39 essais inscrits cette saison, soit le même ratio que le Racing, dauphin des Toulousains. Mais cela ne lui réussit pas forcément contre les grosses cylindrées comme Toulouse (balayés 50 à 3) ou le Racing (correction 43-18). Dans le même temps, cet entêtement à attaquer paie contre des équipes un peu plus brouillonnes (cinq points de bonus défensifs récoltés contre Toulon, Biarritz et Perpignan). Rajoutons à cela des victoires probantes face aux concurrents directs pour le maintien que sont Brive et Bourgoin et le club du président Merling oscille entre la 12ème et 13ème place, entretenant l’espoir.

Une fin de saison en déconfiture

Mais le problème c’est que La Rochelle ne semble pas avoir eu les moyens de ses ambitions. À trop vouloir jouer sans avoir d’effectif conséquent, les jaune et noir se sont perdus en route. Un triste constat récemment mis en relief par l’ouvreur Benjamin Dambielle : « À force de subir, de réaliser de bons matches mais de perdre, la fraîcheur mentale qui permettait de se surpasser s’est étiolée. » Et d’ajouter une inquiétante conclusion : « On a fini par baisser les bras. » Et la défaite à Brive la semaine dernière a été le point d’orgue de ces déclarations. Une démobilisation ressentie jusqu’en coulisse. Lorsque le sportif ne suit plus, il faut trouver des responsables. Et David Darricarrère, entraîneur des lignes arrières en a été la première victime, apprenant cette semaine son éviction dans la presse. La seule éclaircie de cette fin de saison pouvait surgir du Challenge européen, mais les Rochelais ont été écarté en quarts de finale par Clermont (23-13) hier soir à Marcel Deflandre. Décidément la fin de saison semble bien longue.

Anthony VERPILLON