L’UCI pique au vif
En pleine affaire Contador, l’UCI pense à interdire tous types d’injections. La fédé internationale d’Aviron est d’ores et déjà pionnière dans ce domaine.
Alors que l’affaire Contador agite la planète cycliste, l’UCI est revenue sur l’usage des seringues censées faciliter la médicalisation des sportifs, lors d’une réunion du CIO à Monaco. La fédération internationale d’Aviron (FISA) a imposé l’interdiction, l’UCI s’interroge.Les présidents des commissions médicales du CIO ont tranché. Les aiguilles disparaitront des hôtels des équipes d’aviron et probablement de cyclisme. Bien que ces pratiques étaient jusque-là utilisées dans le but de soigner plus facilement les athlètes, les (trop) nombreuses dérives auront eu raison d’elles.
Endiguer la politique de l’aiguille
La nouvelle a été d’autant mieux accueillie que les médecins eux-mêmes ont prouvé l’inefficacité des injections : « On a jeté un pavé dans la mare. Un adulte qui est sain et en bonne forme n’a pas besoin d’injections » estime le Dr Alain Lacoste, chef des médecins de la FISA, qui devrait inscrire cette interdiction dans son règlement dès cette semaine. Cette mesure est également perçue comme un moyen de discréditer certains athlètes qui se défendent en invoquant le dopage à l’insu de leur plein gré. « … on sait que la descente dans le dopage commence avec l’injection de produits autorisés. Les sportifs nous disent trop souvent que le médecin avait prescrit une injection de vitamines" avance le Dr Mario Zorzoli, alter-égo d’Alain Lacoste dans le cyclisme. Cette loi anti-aiguille sera validée avant le départ des grands tours.
Une mesure à deux vitesses
Cependant cette interdiction peut aisément être qualifiée de « mesurette ». Elle répond davantage à une décision médicale qu’à une véritable lutte antidopage. Le texte, tel qu’il a été validé, stipule que toute injection doit être médicalement justifiée, appropriée, administrée par du personnel médical, et déclarée au médecin de la compétition. Une précision qui n’endiguera donc pas totalement le dopage, mais l’encadrera. Avec elle, l’affaire Contador se serait quand même produite. Un argument de plus donné aux détracteurs d’un sport (le cyclisme) qui ont déjà amplement été servis par la lenteur de procédure dans l’affaire Contador. Rappelons que si le TAS use du délai qui lui est imparti, le cas de l’Espagnol ne sera pas jugé avant le départ du prochain tour de France. Les coupables ne sont plus forcément ceux que l’on croit s’agissant de dopage.
Anthony VERPILLON



