La charité cachée des pénitents blancs
Les membres de la plus ancienne confrérie de Nice se sont rendus samedi à la Maintenance des confréries françaises. Rencontre avec ces mystérieuses capuches blanches.
Il est 14h30, ce mardi. Les pénitents blancs accueillent les visiteurs dans leur chapelle de la rue Saint Joseph, dans le Vieux-Nice. Les ornements, la voute, la lumière naturelle qui éclaire l’hôtel... Ils décrivent les lieux, passionnés. Comme les autres confréries de pénitents niçoises, ils ont participé ce weekend à la grande réunion annuelle de la Maintenance des confréries françaises, à Carpentras. Mais qui se cache sous ces mystérieuses capuches blanches ?
Nés en 1306, les pénitents blancs forment la plus ancienne confrérie de Nice. Et la plus grande, avec 99 membres. « Notre mission est double : la pratique de la religion catholique romaine, sous l’autorité du pape, et l’engagement envers notre prochain », explique Jean Pierre, l’un d’eux. Prières, messes, cérémonies traditionnelles ou encore pèlerinages ponctuent toute l’année leur agenda.
Les pénitents imitent le pélican
Mais ils mènent aussi une action sociale. Le lundi après midi, ils accueillent des personnes isolées, dans leur siège du 5 rue Zanin. Ils rendent régulièrement visite à des patients atteints d’Alzheimer. Et ont installé, à la maison Sainte Croix, rue de la République, 12 lits, afin de recevoir et accompagner des malades en fin de vie. « Je suis devenue pénitente pour aider. La confrérie est nourrie d’une culture de générosité et de fraternité », raconte Mady. Jean Pierre montre du doigt la gravure de pélican sur l’hôtel de la chapelle. « Cet oiseau mange peu. Il garde la nourriture dans son bec pour la donner aux autres. Nous essayons de l’imiter » décrit-il. A la question de savoir ce qu’il ressent lorsqu’il revêt l’habit blanc, Georges, lui, lève les yeux au ciel. Il se tait pendant 5 minutes. Puis lâche, enfin : « C’est compliqué. On revêt un engagement. On se sent investi d’une mission . »
Mais la confrérie n’est pas immortelle. Les effectifs s’effritent d’année en année. Il y a 30 ans, ils étaient encore 250. « Peu de monde s’intéresse au catholicisme romain, il faut l’avouer. Mais c’est plus compliqué. Nous tenons à rester discrets, pour laisser toute gloire à Dieu. Du coup, nous ne communiquons jamais sur nos actions. Et personne ne nous connait », regrette Jean Pierre.
Gaétan Supertino Crédit photos : GS
Post-Scriptum
Des pénitents bleus, blancs, rouges et même noirs !
Les confréries de pénitents sont des associations dites de « laïcs charitables ». Les membres sont des citoyens bénévoles. Ils ne sont ni moines, ni curés (et, d’ailleurs, en ont marre de se faire appeler « mon père » !). Les confréries constituent les plus anciennes associations de Nice. Elles se donnent pour vocation de pratiquer et manifester au public la foi catholique, et d’aider les plus démunis. Il en existe quatre à Nice : les blancs, les noirs, les rouges et les bleus. Elles se distinguent notamment par leur Saint protecteur. Les blancs par exemple, vénèrent la Sainte Croix, les rouges, la Vierge Marie enceinte.



