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La course au sexe

En marge du semi-marathon de Nice, La Niçoise réunira uniquement des femmes. Sexiste, le sport ?

Après La Parisienne, la Lyonnaise ou encore la Toulousaine, La Niçoise a fait son apparition l’an dernier dans le calendrier sportif, en marge du semi-marathon de Nice. Le principe : une course à pied réservée aux femmes. Alors, à l’heure où l’on prône la parité, ces initiatives peuvent interpeller… Mais pas tout le monde.

« Rassembler les femmes qui courent pour le plaisir et qui n’osent pas se confronter aux meilleurs. » Pour Pascal Thiriot, président de Sport Azur Organisation, le principe de La Niçoise est simple et n’a rien de sexiste. Pourtant l’affiche de la course et le tee-shirt rose que porteront les participantes rappellent que les clichés ne sont pas loin… De nos jours, les femmes sont considérées comme incapables d’affronter les hommes de manière équitable. Elles seraient, de par leur constitution physique, moins aptes que les hommes à réussir dans le sport. Un préjugé sexiste que ce genre d’initiatives pourrait alimenter. Dimanche, à Nice, quand certains s’aligneront sur 21 ou 10 kilomètres, plusieurs centaines de femmes s’élanceront pour une course… de cinq kilomètres.

Mettre le pied à l’étrier

Hélène, coureuse aguerrie, est partagée sur ce principe : « C’est une sorte de communautarisme. Il n’y a pas de courses pour vieux et jeunes, ni pour pauvres et riches. Alors pourquoi une pour femmes uniquement ? Il y a déjà assez de différences entre les deux sexes ! En revanche, si elles peuvent se mettre à la course à pied grâce à ça, je dis oui !  » C’est justement ce qu’a voulu faire la gérante d’une salle de sport réservée aux femmes. Pour l’occasion, elle a réuni une quinzaine de ses adhérentes « pour courir, se faire plaisir et surtout pour la bonne cause ». Dimanche, un euro sera en effet reversé à chaque inscription à l’association Défi de femmes pour le soutien à la lutte contre le cancer du sein. Les hommes ne seraient-ils pas capables de défendre une cause ? Ou les femmes seraient-elles de meilleurs « supports de publicité » ?

Le plaisir des femmes

Toujours est-il que de plus en plus de femmes pratiquent du sport. Mais pourquoi leur réserver certaines activités ? Une des vertus du sport est justement de rassembler les gens et d’abattre les barrières sociales. « L’intérêt de la course à pied est que tout le monde peut pratiquer en même temps. Il n’y a que dans ce sport qu’on voit ça ; il faut absolument conserver cette spécificité  », insiste Hélène, marathonienne. Pour Pascal Thiriot, les femmes novices ont besoin de se retrouver, dans une ambiance conviviale : « Il n’y a rien à gagner, tout le monde participe pour le plaisir. »

Plaisir, bien-être, convivialité… Et la compétition dans tout ça ? Serait-elle réservée aux hommes ? Heureusement, non… mais gare aux performances ! Trop bonnes et la féminité des athlètes est mise en doute. A l’image de la Sud-Africaine Caster Semenya, soupçonnée d’être un homme car trop rapide sur 800 mètres. Le « doute visuel » du président de la fédération internationale d’athlétisme à ce sujet est choquant, même dérangeant. En revanche, quand Usain Bolt enchaîne les records, on crie à l’exploit. Mais pas d’inquiétude, on ne lui reprochera jamais d’être trop viril !

Clara Chaskiel