La lutte combat pour sa reconnaissance à Nice
« Le tournoi a bien failli ne pas voir le jour à Nice cette année. » Toumi Ali, entraineur au Lutte-Club de Nice, court dans tous les sens pour assurer le bon déroulé du Challenge Deglane, organisé à Nice depuis jeudi. A cause d’une suspension de la fédération française de lutte par la fédération internationale, la compétition aurait pu être annulée au dernier moment. Mais les lutteurs sont bien présents sur les tapis de la salle Leyrit pour en découdre.

- Les finales auront lieu à 19H30, salle Leyrit.(Florian Philippe/EDJ)
« Un manque de reconnaissance »
Des Français, des Américains, ou encore des Russes s’affrontent tour à tour sur deux surfaces de combat. « Les lutteurs français souffrent d’un manque de reconnaissance en France, explique Jean-Pierre Scarfone, directeur du club. Nous sommes encore loin de la médiatisation des combattants du Caucase, qui sont de vraies stars dans leur pays, très bien payés. » Un lutteur russe peut ainsi gagner dix fois plus d’argent qu’un Français ! « On gagne de quoi survivre, et pouvoir s’entrainer cinq fois par semaine, témoigne Maxime Fiquet, lutteur de l’équipe de France en moins de 66 kilos. Le Challenge Deglane est très relevé, on peut voir la différence de niveau avec les pays de l’Est. Mais c’est un formidable entrainement ! » Le manque de moyens financiers se fait donc cruellement ressentir, pour lutter contre les nations dominant la discipline.

- La lutte féminine est une discipline olympique depuis Athènes, en 2004. (Axel Ménard/EDJ)
Un nombre de licenciés en forte progression
La lutte enregistre pourtant une nette augmentation de ses licenciés et pratiquants chaque année. Leur nombre a ainsi doublé depuis 2008. « Le Lutte-Club de Nice est le premier club formateur en France, révèle Fanel Carp, entraineur au club. Nous avons 153 licenciés. Et pourtant, la fédération ne nous donne pas de subvention pour le tournoi. Heureusement que la Mairie de Nice et le Conseil général des Alpes-Maritimes nous aident ! » Pour faire naitre de nouvelles vocations, les enfants sont invités à suivre le tournoi. Disséminés dans les gradins, ils encouragent les lutteurs. « Nous avons fait un cycle lutte pour les sixièmes, explique Véronique Boyette, professeur de sport au collège Saint Barthélémy. Au début, ils avaient de l’appréhension. Mais aujourd’hui, plusieurs d’entre eux souhaitent s’inscrire dans un club ! » Sébastien Giaume, président octogénaire du Lutte-Club, s’en réjouit : « C’est bien que des jeunes viennent, la lutte est un sport magnifique qui mérite de grandir. Venez nous rejoindre ! »

- Des sélections olympiques sont en jeu pour quelques lutteurs. (Axel Ménard/EDJ)
Florian Philippe et Axel Ménard




