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Le chaos gagne les ivoiriens de la Côte

Les évènements qui touchent la Côte d’Ivoire ne laissent pas insensibles les ressortissants du pays.

« Vous savez, les ivoiriens n’aiment pas trop parler de la situation actuelle ». Laurentine Vergano, présidente de l’Association des Ivoiriens de la Côte d’Azur, donne le ton. Dans un restaurant du quartier de la Libération, qui abrite une partie de la communauté ivoirienne du département, difficile en effet d’aborder le sujet. Mais peu à peu, les langues se délient, surtout quand une personne s’aventure à affirmer un avis contraire. Les esprits s’échauffent rapidement à l’évocation des deux prétendants au pouvoir. « Gbagbo est un monstre, si la communauté internationale ne fait rien, on est foutu », répète Amina, qui ne cache pas son soutien à d’Alassane Ouattara. « Vous n’y comprenez vraiment rien madame », lui répond sèchement un autre client du restaurant, en France depuis 1985. « Alassane, c’est le produit de l’occident, de la France. Ce n’est qu’un rebelle avec du sang plein les mains ! ».

Une opposition nord-sud

La Côte d’Ivoire est coupée en deux depuis près de dix ans. « Pour certains, les vrais ivoiriens sont ceux du sud » raconte Gervais, étudiant à l’université de Valrose arrivé en France en 2006. « Ils estiment qu’Alassane Ouattara, qui est originaire du nord du pays, n’est même pas ivoirien ». Considéré comme un burkinabé, il a été empêché à deux reprises de se présenter à la présidence pour des raisons qui renvoient à la notion d’ « ivoirité » : « c’est un concept fondé sur des critères ethniques, », explique Laurentine Vergano. « C’est une des raisons de l’affrontement nord-sud car beaucoup ne se sentent plus ivoirien, et d’autres, peut-être trop ! ».

Hassan Sharouda

Post-Scriptum

La communauté ivoirienne du département La Côte d’Azur est loin d’être la destination privilégiée par les Ivoiriens qui viennent s’établir en France. Sur un peu plus de 75 000, ils ne sont qu’entre 600 et 700 à avoir choisi le département. « Les Ivoiriens n’ont pas d’attache ici, ils optent généralement pour Paris, voire Lyon ou Marseille », rapporte Daouda, un employé du consulat de Côte d’Ivoire à Nice. « Les secteurs d’activités dans lesquels ils pourraient travaillés leurs sont moins accessibles. De plus, ils préfèrent aller là où ils ne sentiront pas seuls ! ».