Le prévenu n’a pas vraiment géré
Soupçonné de gestion de société sans en avoir le droit, Jean-Laurent Cordina a comparu, ce 15 avril 2011, devant le tribunal correctionnel de Nice.
« Je ne faisais que venir en aide à ma fille. » Ce vendredi 15 avril 2011, Jean-Laurent Cordina essaie de se défendre à la barre du tribunal correctionnel de Nice. « Il a tout simplement violé la décision de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence », indique le procureur de la République. En 2008, Jean-Laurent Cordina a été condamné à une interdiction de toute fonction de gestion de société pendant trois ans. Touché par un cancer, il bénéficiait d’un congé maladie et ne pouvait plus exercer son activité de réparateur marin à Monaco. Il décide alors de profiter de son temps libre pour soutenir sa fille, Cristelle, gérante officielle et actionnaire du restaurant Little Buddha à Cap d’Ail. Une aide trop présente selon le président du tribunal. « Vous êtes omniscient, M.Cordina. Vous démarchez de la publicité, embauchez des employés, payez les salariés, assistez aux réunions, etc. N’est-ce pas là le rôle d’un gérant, ou du moins d’un cogérant ? »
« J’exécutais les ordres de Cristelle »
En l’absence de sa fille, Jean-Laurent Cordina endossait tous les rôles dans la gestion du restaurant Little Buddha. « J’exécutais les ordres de Cristelle, quand elle n‘était pas là. L’affaire allait mal et pour survivre, elle devait travailler dans une banque à plein temps », explique-t-il. De jour en jour, M. Cordina s’immisçait dans la vie du restaurant, au point de « ne pas avoir le temps d’assurer un rendez-vous », comme en témoigne la chargée de publicité de Monaco Matin. Pour le procureur de la République, c’en est trop, le délit est clair : « le prévenu a commis la violation d’un article du code de commerce. M. Jean-Laurent Cordina est donc passible de deux ans de prison et de 375 000 euros d’amende. »
Allison Fourrier
Post-Scriptum
Troisième gérant ou simple conseiller ?
M.Martin reste un mystère dans cette affaire. Auditionné en tant que témoin, il a déclaré « n’avoir pu résister à la sympathie de M. Cordina », et l’a ainsi épaulé. « Il s’est proposé pour aider mon père grâce à sa connaissance de juriste, a indiqué Cristelle Cordina. Il faisait les embauches et signait des papiers » . M.Martin semble être un acteur principal dans la direction du restaurant, sans pour autant bénéficier d’un statut officiel. Mais finalement qui gère le Little Buddha ?



