Le rythme scolaire à l’épreuve
Une mission parlementaire pose la question du rythme scolaire en France. A Nice, les instituteurs sont d’accord : le gouvernement doit revoir sa copie.
« A l’heure actuelle, quel enfant pourrait travailler huit heures par jour ? »Cathy reste sceptique. Pour cette enseignante de l’Ecole Primaire de Nikaïa, les journées scolaires sont trop lourdes. « Les enfants sont vite fatigués l’aprés-midi. Ajouter des heures les mercredi et samedi matin permettrait de mieux répartir notre programme. » Un programme qui se veut très chargé. En effet, le retour à la semaine des quatre jours sous Xavier Darcos a eu pour conséquence de supprimer des heures de cours, sans modifier l’enseignement. Institutrice depuis 10 ans dans cette école, Cathy a vécu l’évolution des rythmes scolaires. « Pour les enfants, c’était mieux avant. Seulement, il y avait beaucoup trop d’absentéisme le samedi. » Cathy, comme de nombreux professeurs, plaide en faveur d’un système à la nordique. « Les élèves travaillent jusqu’à 15 heures. Et l’après-midi est consacrée aux activités sportives et ludiques. » Mais Jules, 10 ans secoue sa petite tête blonde en signe de négation. « Moi je ne veux pas venir à l’école le samedi. Par contre, au collège c’est bien parce que c’est un autre niveau, donc c’est normal. »
Revoir le programme « On nous demande de faire autant avec moins d’heures » déplore Gilles Jean, le secrétaire général de la Snu IPP des Alpes-Maritimes. Les deux heures supprimées étant remplacées par du soutien scolaire. Sur la réduction des grandes vacances, il est tranché : « Il ne faut pas y toucher. D’autant plus que durant la saison chaude dans la région, le niveau d’attention des élèves est très faible. »
Sarah Vernes
Post-Scriptum
La leçon des pays nordiques Les pays du nord sont les premiers en matière de résultats scolaires. L’enquête PISA de l’OCDE a dévoilé les performances très moyennes des élèves français face aux leurs. Dans l’hexagone, les journées scolaires sont les plus longues d’Europe. En comparaison, la Finlande pratique la semaine de 5 jours, avec des horaires aménagées selon les tranches d’âges. Plus encore, les pays nordiques se basent sur un système de notation où « l’on achève pas écoliers », selon Peter Gumbel, professeur à Science Po. Bien au contraire, il les met en valeur.



