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Lyon garde espoir

Ligue des Champions - Lyon a tenu tête au Real, Gomis ayant répondu au but de Benzema.

Certes, l’OL a prolongé sa série d’invincibilité face au Real Madrid. Pourtant, les Lyonnais peuvent regretter leur manque de réalisme de la première période qu’ils ont dominée de la tête et des épaules. Dans une seconde période à la physionomie bien différente, c’est Benzema qui a crucifié ses anciens partenaires sur son premier ballon… Mais c’était sans compter sur Gomis qui a égalisé à la 83e, donnant droit aux siens de rêver d’un exploit à Bernabeu, dans trois semaines.

Lyon a failli vivre une soirée noire, très noire même… Car sans la réaction d’orgueil de ses joueurs dans le dernier quart d’heure, les Rhodaniens auraient concédé leur première défaite de l’histoire face au Real…et ce sur un but de leur ancien chouchou Karim Benzema. Mais sans que l’on ait pu l’imaginer, Lyon a su réagir, et de la plus belle des manières. Madrid abordera le match retour avec l’avance d’un but inscrit à l’extérieur, mais l’OL conserve néanmoins quelques chances de se qualifier, même si statistiquement parlant, l’OL n’a que 25% de chances d’y parvenir.

L’OL veut rester la bête noire du Real

Ce match nul, c’est la meilleure performance du Real Madrid à Gerland, après trois défaites d’affilée entre 2005 et 2010. Une performance logique dans la mesure où chaque formation a eu sa période de domination : Lyon en première période avec des occasions mais un manque de réalisme flagrant, puis Madrid en seconde période avec notamment deux coups de pieds arrêtés qui ont fini leur course sur le poteau et sur la barre transversale d’Hugo Lloris… avant l’entrée en jeu de Benzema.

José Mourinho peut être fier d’avoir au moins réussi à faire match nul là où trois de ses prédécesseurs, Luxemburgo, Capello et Pellegrini, avaient perdu. Reste désormais à assurer au retour pour qualifier le Real en quart de finale de la Ligue des Champions : stade de la compétition que Madrid n’a plus atteint depuis 2004 une défaite à Monaco. Mourinho réaliserait ainsi ce qu’il appelait lundi encore son « double défi ».

Le jeu

Lisandro blessé, c’est comme prévu Delgado et non pas Briand qui prend le couloir gauche de l’OL « new-look » qui évolue en 4-2-3-1, tout comme son adversaire du soir. The « Special one » a choisit de renforcer son milieu de terrain, tout en lui apportant une touche technique avec Di Maria en lieu et place de Lassana Diarra ou de Marcelo.

Dans cette organisation, les Espagnols gardent plus le ballon que des Lyonnais qui laissent jouer leur adversaire, mais qui restent à l’affût du moindre contre exploitable. Malgré des bonnes combinaisons pour remonter le terrain, les joueurs de Claude Puel restent néanmoins handicapés par leur manque de réalisme. Sur un bon ballon de Toulalan, Bastos hésite entre la frappe et le centre dès la 4e minute… occasion ratée. Sept minutes plus tard (11e), Cris tente le retourné sur un coup franc de Gourcuff… raté. Une minute plus tard (12e), l’intenable Delgado centre au-dessus de la barre. A la 23e c’est Gourcuff qui reprend un centre de Réveillère…mais Xavi Alonso le devance. Källström tire à côté à la 25e… A la 28e, Delgado, en plein numéro de soliste dans la surface espagnole se fait faucher par Ramos : cette fois Lyon tient son pénalty… mais M. Stark ne bronche pas.

En face, c’est le néant offensif, ou quasiment. Pendant une bonne demi-heure, les joueurs de Mourinho ont été incapables de se créer la moindre occasion de but : le bloc lyonnais était trop bien en place, les Madrilènes n’ont su le contourner. Les Espagnols ont donc tenté de loin comme DI Maria qui sollicite Lloris pour la première fois à la 29e minute. Deux minutes plus tard (31e), c’est Ronaldo qui s’essaie de loin sur coup franc, et qui oblige Lloris à sortir la parade. Après ses petits sursauts du Real, Lyon a repris le match en main, mais une fois encore, Gomis n’est pas en mesure d’exploiter une faute de main de Casillas et de concrétiser ainsi un contre mené par Bastos à la 35e. Six minutes plus tard, c’est Lovren qui ne peut donner assez de puissance à son coup de tête après un coup franc de Bastos contré par le mur.

L’OL se relâche en seconde période…

La seconde période commence mal pour l’OL. Après avoir bêtement perdu la balle, Bastos fait faute sur Di Maria et écope d’un carton jaune synonyme de suspension au match retour. Dans la foulée (49e), Ronaldo frappe le coup franc excentré… et trouve le poteau gauche de Lloris. Une minute plus tard (50e), Ozil, sur corner, dépose le ballon sur la tête de Ramos : Lyon est alors sauvé par sa barre transversale. Si les Lyonnais sont véritablement sous pression, ils ont le mérite de ne pas paniquer et de bien rester en place pour contrer les Madrilènes. Mias le Real a bien compris la tactique lyonnais et ne se jette plus à l’abordage.

Ainsi les Espagnols gardent le contrôle du ballon et dominent. A la 64e minute de jeu, Mourinho choisit de faire rentrer Benzema à la place d’un Adebayor peu en vue depuis le début de la rencontre. Très applaudi lors de son entrée sur le terrain, Benzema, sans doute galvanisé par l’accueil qui lui a été réservé, ne met que 40 secondes avant de prouver qu’il est indispensable à son entraîneur. D’abord, Toulalan essaie de relancer, mais l’attaquant tout juste entré en jeu est au pressing et finit par récupérer le ballon. Benzema joue alors avec Özil, avant que l’Allemand s’appuie sur Ronaldo, qui lui redonne à Benzema dans la surface. L’attaquant de l’équipe de France ne panique pas et attend le moment opportun pour placer le ballon entre les jambes d’un Lloris impuissant : 1-0 pour Madrid, et le plongeon de Cris pour sauver son équipe n’y changera rien.

…avant de terminer très fort

Ce premier but du Real à Gerland fait mal à l’OL, d’autant plus que c’est un ancien de la maison qui l’a inscrit. KO, les joueurs de Claude Puel marquent alors le coup pendant un bon quart d’heure, mais vont finalement étaler toute leur force mentale et sortir une fin de match énorme. Les trois remplaçants, Pjanic, Pied et Briand n’ont rien à perdre, mais surtout ont tout à prouver. Leur envie permet à l’OL d’obtenir un coup franc excentré sur la droite. Pjanic se charge de le frapper, Cris remet de la tête à Gomis, tout seul au second poteau, et qui place parfaitement son plat du pied droit dans le petit filet de Casillas : Lyon égalise à la 83e minute et est récompensé de son abnégation.

Si dans la foulée Di Maria, bien gêné par Cris aurait pu trouver la lucarne de Lloris d’un intérieur du pied droit, l’OL continue tout de même à pousser en espérant trouver la faille une seconde fois avant les trois coups de sifflet de l’arbitre M. Stark. Mais l’exploit de la victoire ne sera pas pour ce soir : l’OL et le Real se séparent sur un match nul, 1-1, le rêve est encore permis pour le 16 mars, à Bernabeu.

Baptiste Quenaudon