Michel Carrière : " Former les athlètes niçois"
Reconnu unanimement pour la qualité de sa formation, le Nice Judo enchaîne les succès chez les jeunes comme on enfile des perles.
Encore une médaille aux championnats de France juniors. Vous n’êtes pas blasé ?
Pas du tout ! Nous étions tenants du titre et nous finissons second. Nous avons entamé la compétition en favoris et nous perdons sur une idiotie en finale alors que nous menions (le lourd du Nice Judo a attrapé directement les jambes de son adversaire à 20 secondes de la fin du combat, une pratique interdite et sanctionnée par les arbitres, ndlr). C’est bête et cela gâche la fête. Je n’étais pas content à la fin de la compétition car nous commettons une « erreur de débutant ».
Le Nice Judo s’installe malgré tout en tant que club formateur depuis de nombreuses années…
Bien sûr. Nous sommes placés sur les dix derniers championnats de France juniors. Et notre équipe cadette a été trois fois championne de France. Le plus important lorsqu’on forme de jeunes athlètes, c’est de durer. J’ai créé le Nice Judo au milieu des années 1980. Et depuis, nous avons formé cinq générations de judokas qui intègrent régulièrement l’équipe de France. Encore aujourd’hui, nous avons deux judokas susceptibles d’être envoyés aux Jeux Olympiques (Florent Urani et Frédéric Stielgelman, ndlr). Le Nice Judo n’est pas simplement un club de judo. C’est une école de judo. Nous sommes un club formateur, notre objectif est de faire progresser les athlètes du giron niçois.
N’est-ce pas une tâche compliquée ?
Oui et non. L’année dernière, nous recensions 330 licenciés. Mais ici l’idée n’est pas de faire de l’élitisme. Le club est là pour faire progresser chaque individualité. Peu importe leur niveau. Ensuite évidemment que la tâche n’est pas évidente. Notamment en terme d’infrastructures. Cela fait quinze ans que la municipalité nous promet une salle. Même si cette saison, nous envoyons nos compétiteurs dans une nouvelle salle, notre salle du Port reste trop petite (60m² pour l’ensemble des athlètes, ndlr). Pour comparaison, une surface de compétition s’étend sur 64m². Pour deux athlètes ! Il y a une grave problème d’infrastructures dans cette ville. Et lorsque j’en ai parlé à Gilles Veissière, il m’a fait des promesses qui sont restées lettre morte. J’ai aussi rencontré Christian Estrosi cet été qui m’a affirmé qu’il suivait l’affaire de près. Mais depuis, rien de notable.
Alexandre FERRET



