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Nicolas Roche : un vrai gentil

Nicolas Roche est un coureur complet mais qui tarde à remplir son palmarès. Mais quand on est le fils d’un champion comme Stephen Roche, on est plus attendu que les autres.

Quand on est le fils de Stephen Roche, il est parfois dur de se faire un prénom. C’est pourtant l’exploit réussi par Nicolas. Le fruit d’une rigueur et d’une détermination extrêmes. Même si le garçon en a encore sous la pédale d’après son illustre papa…

La gentillesse. C’est ce qui frappe en premier lorsqu’on rencontre pour la première fois Nicolas Roche. Le garçon est poli, disponible. Pas le genre à snober le public. Même quand certains l’appellent Stephen. Lapsus qui révèle tout le poids avec lequel a pu peser son illustre père dans le monde du vélo. Car le coureur de l’équipe AG2R La Mondiale est le fils de Stephen Roche, gloire du cyclisme des années 80 qui a réussi l’exploit colossal de réaliser le triplé Tour de France, Tour d’Italie, championnat du monde en 1987. Et justement, pour ce grand champion, Nicolas est même « trop gentil ».

Le papa s’explique : « Il est content de tout. Il faudrait qu’il soit plus exigeant avec lui-même. Et qu’il soit plus concentré avant une course. Il est tellement agréable naturellement qu’il salue tout le monde quand il arrive au départ. Il ne comprend pas qu’on ne lui en voudra pas d’être concentré sur sa course ». Pour autant, le garçon n’en est pas moins appliqué. Il travaille. Très sérieusement. « Je pars tous les jours m’entraîner sur les coups de 9 heures, confie le champion d’Irlande du contre-la-montre. Je pèse ma nourriture pour faire attention à mon poids. Il faut faire ces sacrifices pour y arriver. »

Une rigueur qui porte ses fruits

Mais pour lui, tout cela est oublié « lorsque (il a) des bonnes jambes le dimanche ». C’est même « quelque chose qui vient naturellement quand on aime le vélo ». Et ce plaisir s’entend dans son intonation. En tout cas, son sérieux paye au fil des années. Car la saison passée, Nicolas a réalisé un de ses premiers gros objectifs en finissant dans les 10 premiers d’un grand Tour : la Vuelta. « Mon plus beau souvenir cycliste, notamment l’arrivée en altitude lors de l’avant-dernière étape » insiste-t-il. Et d’ailleurs, il veut confirmer en terminant dans le top 10 du Tour de France en 2011.

Un nouveau challenge pour que ce cycliste complet reparte de l’avant et passe un nouveau palier. Car pour son père, ce n’est pas encore suffisant. « Quand je vois le travail qu’il fournit et les qualités de puissance, souplesse et récupération dont il dispose, je me dis qu’il devrait avoir plus de courses par étape déjà sur son palmarès. » Exigeant Stephen ? Résolument. Mais son fils comprend parfaitement son point de vue. « Ce n’est pas pour son ego qu’il agit comme ça. C’est pour moi. Il veut m’amener au plus haut de mes moyens. » Et surtout éviter que Nicolas nourrisse un jour des regrets.

Une détermination à toute épreuve

Car « une carrière est très courte » comme aime à le rappeler le maillot jaune 87. « Je veux juste que Nicolas en soit conscient et ne nourrisse pas de regrets quand il arrêtera. » Mais des regrets, il ne devrait pas en avoir. Car le garçon est déterminé. C’est même selon lui sa principale qualité. Il sait où il veut aller et fait tout pour y arriver. A son rythme. Et même si pour certains, ce n’est pas assez bien, il s’en moque. Il sait que les gens en attendront toujours plus de lui parce qu’il est le fils de. « On s’y fait à la longue. Au début, c’est dur de s’entendre dire que l’on n’a pas la classe de son père. Mais heureusement, le vélo est un petit monde. Une fois que les personnes me l’ont dit une fois, elles ne vont pas me le répéter tous les jours. »

La pression est donc bien là pour lui. « C’est la même chose dans tous les métiers quand on suit le chemin tracé par nos pères, relativise celui qui a vécu pendant neuf ans sur la Côte d’Azur. On s’expose à être comparé en permanence. » Mais même si c’est parfois pesant, Nicolas Roche en fait abstraction aujourd’hui. Son père est même fier qu’il ait eu le courage de suivre ses pas. Et les épaules du coureur de 26 ans, larges pour un cycliste, lui permettent sans problème de supporter le poids de l’héritage. Le nom de Roche a encore de beaux jours devant lui dans les pelotons.

Jean-Baptiste Esculié