retour a l'accueil
retour a l'accueil

 

- Accueil du site > Sport > Noir c’est gloire, la France sans espoir

Noir c’est gloire, la France sans espoir

La Nouvelle-Zélande est championne du monde de rugby, la France éliminée en quart. Cela pourrait devenir un scénario probable.

Vingt quatre heures après leur victoire aux dépens de l’Australie, Les Néo-Zélandais continuent à célébrer leur domination sans partage. Nous sommes le lundi 24 octobre 2011, le lendemain de la finale de la septième édition de la Coupe du monde de rugby. Et pendant ce temps-là, on fait le ménage dans le milieu du ballon ovale français.

De mémoire de Black, L’Eden Park d’Auckland n’a jamais connu une telle liesse. Le stade entier était revêtu de noir. Mais cette fois-ci, le noir n’était pas la couleur du deuil mais celui de la domination. Il aura fallu attendre 24 ans pour revoir les All-Blacks au sommet de l’Ovalie, et encore une fois devant son public. Les pubs, les restaurants et même les rues, d’une façon générale, ne désemplissent pas depuis hier soir.

Il faut dire que, plus que la victoire finale, le XV de la Fougère y a mis la manière. Après un premier tour qu’on qualifiera "d’aisé" (seulement 24 points concédés en quatre rencontres) contre des équipes faibles, les joueurs de Graham Henry se sortent fébrilement du piège argentin (34-26) en quart de finale. Les demis ont été relativement surprenantes. Les Springboks sud-africains complètement hors de forme après leur qualification arrachée en prolongation face à l’Irlande (28-25), n’ont montré aucune opposition sérieuse (leur ailier, Brian Habana s’étant blessé sérieusement à l’épaule sur un plaquage de Brian O’driscoll). Seuls les dix premières minutes ont laissé un peu de suspense. Ensuite, les coéquipiers de Richie McCaw ont tout simplement passé la seconde vitesse avec cinq essais en 30 minutes. Daniel Carter a enfoncé le clou en inscrivant 20 points à lui seul, pour finalement valider le ticket de la Nouvelle-Zélande (45-12) pour sa troisième finale en sept Coupes du Monde.

Une finale à un point

Cependant, un ultime obstacle se dresse sur leur route, et non des moindres : l’Australie de Matt Giteau et de Peter Hynes. Ce sont d’ailleurs les Wallabies qui se montrent les plus conquérants en première mi-temps en ouvrant la marque, par l’intermédiaire de leur trois quarts aile James O’Connor qui aplatit à quelques centimètres de la ligne de touche. Profitant de quelques moments d’indiscipline de la part des Néo-Zélandais, les Australiens rentrent au vestiaire avec une avance de dix points (13-3). La seconde période est le négatif de la première. Les Blacks rehaussent leur niveau de jeu faisant notamment confiance à leur ligne d’avants, impériale en mêlée depuis le début de la compétition. C’est d’ailleurs grâce à ce secteur que l’écart se resserre. Une avancée sur un regroupement dès le coup d’envoi donne au talonneur Keven Mealamu l’occasion d’inscrire son essai et de revenir à une pénalité. Par la suite, on assiste à un duel de buteurs entre Matt Giteau et Dan Carter. Un affrontement qui penche sensiblement du côté de Giteau avec un six sur sept (contre un cinq sur sept pour Carter) donnant six points d’avance à la sélection de Robbie Deans (22-16). Et dans l’ultime minute du temps réglementaire, Sivivatu intercepte un ballon d’attaque et va marquer l’essai de la délivrance entre les poteaux, donnant à Carter l’honneur d’effectuer la transformation qui donne la victoire aux Blacks (23-22).

La guerre Lièvremont – Stade Toulousain

Une finale à haute intensité que les joueurs du XV de France ont regardé chez eux, revenus des Antipodes il y a déjà une dizaine de jours. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que, dans leurs têtes, ils n’y étaient plus et cela bien avant le début de la compétition. Dès l’annonce du groupe retenu par le sélectionneur Marc Lièvremont, le ver était déjà dans le fruit. Au-delà de la polémique concernant l’éviction de Sébastien Chabal, ce qui a semblé gêner le groupe France en interne, ce sont les non-sélections des Toulousains Clément Poitrenaud et Yannick Jauzion. Il se murmure au sein de la Fédération Française de Rugby qu’un fossé se serait créé entre les Stadistes retenus (Heymans, Médard, Picamoles, Dusautoir, Clerc, Poux, Servat, Skrela et Millo-Chluski) et le staff technique soutenu par le reste de la sélection. Ce qui pourrait expliquer les titularisations en ligne arrière d’Huget, Palisson, Mermoz, Marty et Traille contre l’Angleterre en quart. "Si on a décidé de titulariser ces joueurs en particulier, c’est qu’on considérait qu’ils étaient les meilleurs du moment", se défend Emile N’Tamack, l’adjoint de Lièvremont. Une opinion qui creuse un peu plus ce fossé. Et en cela, la gifle que tout le monde annonçait contre les Néo-Zélandais (74-15) n’a pas facilité le dialogue.

Napier, le nouveau Knysna

Si on y ajoute les blessures de Rougerie, Barcella et Domingo revenus prématurément à l’initiative de Lièvremont, le contexte ne pouvait être que défavorable. Pourtant, les Bleus avaient bien débuté leur aventure en étrillant la modeste équipe du Japon (40-6). La victoire, huit jours plus tard, face au Canada (30-16) a plus maltraité les organismes (blessure d’Aurélien Rougerie après cinq minutes de jeu) que rassuré les observateurs venus voir une équipe de France poussive et très instable au stade de Napier. Contre les îles Tonga, les lacunes ont été encore plus flagrantes. Des éclats de voix se sont même faits entendre dans les vestiaires. Il aura fallu un essai de roublard du Clermontois Morgan Parra en fin de rencontre pour s’adjuger une victoire inespérée (24-20). C’était donc logique que cette équipe tombe sous les coups de pied de Johnny Wilkinson et le XV de la Rose, le tour suivant à Auckland (32-13).

Vite partis, vite revenus, les rugbymen français n’ont pu faire qu’un peu mieux que leurs homologues footballeurs en Afrique du Sud. Mais le sentiment général est que les conséquences sont similaires : le limogeage du sélectionneur, l’éviction de certains cadres de l’équipe de France et surtout un impact négatif important sur l’image du sport dans sa globalité. Il y a quelque chose de pourri au royaume de l’Ovalie hexagonale.

Nicolas Mison



Portfolio

petit_logo_3