Numismates, métier ou passion ?
Les collectionneurs peuvent se réjouir, les francs seront bel et bien enterrés le 17 février.

- On estime à 600 millions d’euros le montant des francs encore en circulation © Axel Ménard
« Tous les collectionneurs ne sont pas des spéculateurs ! » lance Gilbert Acchiardi. Président du cercle des numismates de Nice, il accumule pièces et billets depuis plus de trente ans. « J’ai commencé à acheter quelques spécimens pour les faire découvrir à mes élèves lorsque j’étais professeur d’histoire » explique-t-il. Cette passion est vite devenue envahissante. Aujourd’hui, il possède plusieurs collections de monnaie. « Il y a dix ans, lorsque les premiers euros sont entrés en circulation, j’ai décidé de garder et d’acheter quelques francs, simplement pour me souvenir » sourit le numismate. Il existe différents types de collectionneurs. « Certains sont passionnés par une période donnée de l’histoire et s’intéressent donc à la monnaie pour approfondir leurs connaissances. Ceux-là ne spéculent pas » explique Chantal Ravanel, experte en monnaies anciennes. Mais en temps de crise, ceux que l’on appelle les « nouveaux collectionneurs » cherchent le profit à tout prix. « Ces gens-là sont beaucoup plus intéressés par l’argent et achètent des monnaies rares à bas prix afin de se remplir les poches lors de la revente ! » souligne la spécialiste.
« Les billets fautés sont très recherchés »
« Rareté et qualité sont les principaux critères pour les collectionneurs » explique Chantal Ravanel. Mais identifier des billets et des pièces de valeur n’est pas aisé. « Après trente ans, je commence à vraiment m’y connaître, mais j’ai toujours demandé conseil à des experts » confie Gilbert. Quant au franc, s’agissant d’une monnaie bien répertoriée, il est facile de retrouver poids, taille, nom du graveur ou même quantité de chaque tirage. « Les francs sont donc moins rares mais les billets fautés sont très recherchés » explique le gérant de Nice Philatélie, expert en monnaie. Avant chaque décision, prenez donc la peine de bien regarder vos coupures, certaines erreurs ont pu s’y glisser. « Il y a par exemple des billets de 50 francs Saint Exupéry sans mouton ou même des 200 francs sans bande magnétique qui peuvent valoir plusieurs centaines d’euros ! » souligne Chantal Ravanel. Et il existe même un dernier type de collectionneur... Les chercheurs de faux billets !
Coralie Bouisset et Axel Ménard
Post-Scriptum
« On reprend vos francs ! » Avis aux derniers possesseurs de francs ! Vous avez jusqu’au 15 janvier pour vous offrir quelques babioles chez René et Michèle Dumoulin. Le couple possède une boutique de souvenirs dans le vieux-nice et propose depuis dix ans de payer en euros... Ou en francs ! « Nous avons du monde qui nous amène des francs chaque jour » explique René. « Il y a quelque temps, des Canadiens ont acheté pour 6 000 francs de souvenirs ! » Aujourd’hui, le couple accepte encore les billets, échangeables jusqu’au 17 février dans un centre financier de Chamalières. En contrepartie il faut bien sûr acheter quelque chose dans la boutique. « Et ça ne convient pas à tout le monde ! » plaisante René. « Il y a deux jours un ancien militaire est venu pour échanger ses francs contre des euros, comme si j’étais une banque... Il a préféré partir brûler ses billets plutôt que d’acheter des souvenirs ! »



