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OGC Nice : raison ou passion ?

Monaco samedi, Lille mardi, l’OGC Nice joue sa saison cette semaine. Doivent-ils gérer leur effectif ? Et pour quelle ambition ?

Avec les réceptions en trois jours de Monaco en championnat et de Lille en Coupe, l’OGC Nice joue sa saison. Que privilégier ? Et surtout, Les Niçois doivent-ils faire un choix ? Quelques exemples récents de stratégies risquées mais volontaires de la part de clubs français.

RC Lens : le maintien au minimum

La saison dernière, le Racing Club de Lens est opposé dans un derby nordiste à Boulogne-sur-Mer le 10 avril 2010 avant d’affronter trois jours plus tard l’AS Monaco en demi-finale de Coupe de France. Alors 14e au classement général, les Sang et Or ont clairement privilégié la lutte pour le maintien puisque les joueurs de Jean-Guy Wallemme écrasent leurs voisins boulonnais 3 à 0 lors de la 31e journée. Le mardi suivant, les Lensois, fatigués et avec une équipe remaniée, chutent contre les Monégasques d’un petit but en prolongation signé Maazou. Au final, Le RCL se sauve de la relégation et finit 11e. Le président Gervais Martel ne verra pas son club au stade de France. Mais il ne le verra pas non plus à Dijon, Clermont ou Sedan en Ligue 2.

OGC Nice : un européen en L2

D’autres optent pour la stratégie inverse. On peut ressortir d’ailleurs la fameuse épopée des Niçois en Coupe de France en 1997, avec la victoire finale des Aiglons contre l’En Avant Guingamp (1-1, 4-3 au tirs au but). Cette belle aventure finit en apothéose… en ligue 2. Dernier du championnat avec 23 points et surtout 12 points d’écart sur le 19e, le LOSC (comme quoi, les temps changent), le Gym enchaine pendant la saison une série incroyable de 10 défaites consécutives à l’extérieur.

Mais ce n’est pas bien grave. Entre des rencontres au stade François Coty d’Ajaccio et au Parc des Sport de Bram de Louhans-Cuiseaux, les Rouges et Noirs se frottent aux Ecossais de Kilmarnock, puis au Slavia de Prague en huitièmes de finale de la Coupe des vainqueurs de Coupes en 1998 , club contre lequel ils seront éliminés sans perdre un seul match (2-2, 1-1). Quatre rencontres européennes, même à guichets fermés, valent-elles de passer cinq ans dans l’enfer de la deuxième division ? Pour les supporters, la réponse est oui car ils en gardent, pour la plupart, un souvenir ému et en parlent avec fierté.

Après tout, on avait pas vu ça depuis 1974 et l’épopée des Jouve, Huck et autres Baratelli. Nice avait éliminé notamment le FC Barcelone (3-0, 0-2), puis les Turcs du Fenerbahçe (4-0, 0-2) avec un quadruplé d’anthologie de Marco Molitor au match aller. Ils cèderont finalement face à Cologne (1-0, 0-4) en huitièmes de finale.

"le championnat aussi important"

Et puis, il y a la stratégie "kamikaze", c’est-à-dire jouer avec son équipe-type sur les deux tableaux. Au risque de se griller, on peut, selon la formule désormais consacrée, "jouer les matchs les uns après les autres" comme si chacun était un match de coupe. C’est apparemment l’option choisie par Eric Roy pour le derby de samedi face à Monaco au stade du Ray. "Il faut posséder un effectif solide physiquement pour enchainer deux grosses confrontations en 72 heures", tempère l’entraineur niçois. "Mais je n’ai pas besoin de motiver mes joueurs. Par contre, ça m’énerve un peu d’entendre qu’on ne parle que de la demi-finale, alors que ce qui nous attend en championnat est, au moins, aussi important." Il ne suffit pas de le clamer à la presse. Encore faut-il le montrer sur la pelouse. Et à ce moment-là, on verra si les joueurs ont la même opinion que leur coach. Nicolas Mison