Pas logés à la même enseigne
A l’étranger, les quotidiens sportifs traitent tous l’information de manière différente. La presse écrite française, bien qu’en crise, n’est pas la moins bonne.
Si la presse écrite en France est guettée par la crise, elle ne l’est pas en Espagne où les journaux sportifs sont nombreux et très lus. La presse sportive tient une part essentielle dans le quotidien des Espagnols. Les lecteurs de cette presse seraient plus de 1,8 million par jour. Les deux quotidiens que sont « AS » et « Marca » vendent quotidiennement plus de 350 000 exemplaires chacun. Ils ont aussi la caractéristique de soutenir le Real de Madrid. Leur ligne éditoriale est clairement orientée vers le club « Merengue » à qui chaque jour est consacrée les cinq premières pages de chacun de ces deux quotidiens. A contrario, « Sport », quotidien Catalan met en avant le FC Barcelone. En revanche, bien que décrié pour son chauvinisme affiché, l’analyse que font ces deux géants de la presse Ibérique est très pointue. Tout y est décortiqué jusqu’au moindre détail.
L’Italie, à un degré moindre est calquée sur le même système que celui de son frère latin. Chaque quotidien « supporte » l’un des clubs phare du « Calcio », aussi bien la Juventus de Turin avec « Tutto Sport », que la « Gazzetta dello Sport » pour le Milan. La presse italienne est très dure avec les acteurs du monde sportif, par ses papiers et ses critiques, elle influence les instances, présidents des clubs et parfois des entraineurs dans certains de leurs choix. Ce qui y est écrit est souvent considéré comme parole d’évangile. Les journalistes y sont intraitables et n’hésitent pas à descendre un joueur lorsque ses performances ne sont pas à la hauteur du niveau qu’on lui prête. Diego et Felipe Melo milieux internationaux brésiliens en avaient d’ailleurs fait les frais.
Outre-Manche, la presse sportive demeure plus « people ». On se souvient des frasques de Wayne Rooney, lorsque ce dernier avait commis un adultère alors que sa femme, la ravissante Coleen McLoughlin attendait un enfant. La presse anglaise, bien qu’idole de l’attaquant mancunien avait découvert le pot aux roses et fait exploser l’affaire à travers tout le royaume. « Shrek Rooney » n’est pas le seul, l’affaire John Terry pour ce qui est d’adultère et Paul Gascoigne pour ses problèmes d’alcool avaient vu leur vie étalée dans les kiosques à journaux. La presse sportive anglaise fait plus état du superflu que de l’analyse pure et dure. Le pourquoi du comment s’explique plus par la vie personnelle des joueurs, plutôt que leur placement, attitude à l’entrainement et comportement sur le terrain.
Florent Feraud



