Quinté + et Top 14
Quatre journées, quatorze équipes, cinq joueurs à suivre.
Plus que quatre journées de Top 14 avant le début des finales diverses. Maintien en danger jusqu’au bout, qualification à l’arrachée, doublure d’internationaux au repos... Voici cinq garçons à suivre, au moins jusqu’à la fin de la saison.
William Servat (Stade Toulousain) No scrum, no win. No hooker, no scrum. Dans une mêlée, il n’y a certes pas que le talonneur, mais sans le talonneur, ça marche beaucoup moins bien... Avec ce talonneur là, ça marche encore mieux. William Servat, c’est d’abord une qualité physique hors du commun : lorsque ses pairs perdent en vitesse et en puissance en jouant dans la défense, lui accélère encore. Taulier de la maison toulousaine (il joue en rouge et noir depuis les Cadets), il s’est imposé en 2009-2010 comme le talonneur de l’équipe de France. Le bruit court qu’il serait le meilleur talonneur du monde.
Gavin Henson (RC Toulon) Samedi, Gavin Henson honorera son premier match sous le maillot du RCT. Arrivé en joker médical pour pallier l’absence de Clément Marienval (rougeole) et après une longue période sans jouer, entre blessures et non-sélection, l’enfant terrible du rugby gallois débarque sur la Côte. Fantasque, doué et inspiré, il avait offert en 2005 le Grand Chelem face aux Anglais, avec une pénalité de 50 mètres. Reste à ce que le garçon se tienne correctement, et ce n’est pas gagné. Quoiqu’il en soit, les dernières journées du Top 14 seront assez animées du côté de la rade...
Brock James (ASM) Longtemps on lui a reproché ses nerfs et leur fâcheuse tendance à lâcher au dernier moment (au hasard, une finale de Top 14). La solution trouvée (Morgan Parra, tout simplement) et le Bouclier à la clef, Brock James a retrouvé son pied et ses poteaux. Et Dieu sait que son pied va être précieux, alors que l’ASM doit doubler Perpignan pour accrocher un ¼ de finale... Le recordman du nombre de coups de pieds d’affilée (41) est aussi un animateur brillant. Buteur exceptionnel, très fin dans sa lecture du jeu, Brock James serait-il LE demi d’ouverture du Top 14 ?
Julien Caminati (CA Brive) « Cami », c’est la belle histoire de la saison. C’est l’histoire d’un gamin pas sage viré des centres de formation de Narbonne et Castres, suspendu trois ans pour un crachat sur un arbitre... Tout droit débarqué de Nice, le robuste arrière néo-briviste a dès le début fait ses preuves en offrant la victoire au CAB contre le Stade Français. Depuis, le Niçois a prouvé qu’il avait toute sa place dans le Top 14, faisant jeu égal avec Alexis Palisson. Il peut maintenant être celui qui sauvera Brive de la relégation, à commencer par la Rochelle, treizième à quatre points et qu’il faudra venir déloger de son rocher de Marcel-Deflandre.
Rupeni Caucaunibuca (Stade Toulousain) Dans un Top 5 des animateurs, comment ne pas passer à côté du fantasque Fidjien ? Le tas de saindoux le plus rapide du monde, totalement étranger à toute notion de professionnalisme, de diététique, de contrat... Viré par le SUA dont il a fait les beaux jours (la victoire de la remontée en Top 14, face au LOU, c’était lui), viré par les Fidji (9 essais en 7 sélections), le bonhomme est loin d’être exemplaire. Simplement, il joue au rugby, et à l’incompréhension générale, il joue plutôt mieux que les autres. Et c’est là qu’il est question d’animation. « Caucau » sur un terrain, c’est une attente, un suspense dans l’expectative de la course folle de cet ailier d’un autre temps.
Alice Bru



