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Cyclisme - Revue d’effectif des forces en présences avant les Ardennaises.
Sur des pentes avoisinant les 20%, les plus grands puncheurs du monde se sont donnés rendez-vous au Pays-Bas et en Belgique. Derrière Philippe Gilbert, une pléiade d’outsiders aura son mot à dire. Cadel Evans ne sera pas de la partie.
Après le triptyque flandrien, place à la trilogie ardennaise. En une semaine, trois des plus grands monuments du calendrier mondial vont s’enchaîner. Point de départ pour les puncheurs, dimanche, en terre orange avec l’Amstel Gold Race. Mercredi, le peloton posera ses valises en Belgique pour y affronter le Mur de Huy, épilogue de la Flèche Wallonne. Enfin, dimanche prochain, il terminera par la doyenne : Liège-Bastogne-Liège. Vainqueur de la Flèche Brabançonne mercredi, certes face à une concurrence assez modeste, Philippe Gilbert a levé les bras pour la quatrième fois cette saison. Le Belge se présente comme l’épouvantail des sept prochains jours. A 28 ans, il possède sans doute l’un des plus beaux palmarès du peloton sur les courses d’un jour. Un bémol, il souhaitait accrocher à son tableau de chasse un nouveau monument, sans y parvenir : 3e de Milan-San-Remo et 9e du Tour des Flandres. Son point fort ? Sa capacité à gicler lorsque la pente dépasse allègrement les 10%. Son coup de pédale, très nerveux, lui permet de se relancer à de nombreuses reprises si un adversaire tente de le tenir en respect.
La Lampre, simple arbitre ?
Scarponi et Cunego ont, à de nombreuses reprises, montré leurs capacités à dynamiter la course. Dans le final de Milan-San-Remo, le premier cité a fait preuve d’une grande puissance dans le Poggio en bouchant, seul, un trou d’une minute entre le peloton et le groupe des favoris. Le « petit Prince » a quant à lui été privé de toutes ses capacités sur le récent Tour du Pays-Basque. Une otite, un abandon plus tard, il s’aligne sur le Tour des Appenins et s’impose, sept ans après sa première victoire dans l’épreuve. La condition est là, vainqueur à Liège en 2008, il devrait récidiver sur au moins une des trois classiques.
Franck, Andy et Katusha en embuscade
Vainqueur du Critérium International, l’aîné a montré ses bonnes dispositions en ce début de saison. Pourtant, en terre basque, les frères Schleck se sont montrés assez discrets et incapables de suivre les meilleurs dans les cinq derniers kilomètres de chaque étape. Bluff ? Pas si sûr, on sait Andy obnubilé par la Grande-Boucle depuis que son grand rival espagnol est dans la tourmente. On l’a vu avec Fabian Cancellera sur Paris-Roubaix, le collectif de Leopart Trek est assez limité. Les frères Schleck devraient se retrouver isolés dans le final. A l’Est, on en parle très peu, mais à y regarder de près, l’équipe russe Katusha, dirigée par Andreï Tchmil, présente une force collective impressionnante : Joaquim Rodriguez, Alexandr Kolobnev et le revenant Danilo Di Luca. Si chacun est à son meilleur niveau, des attaques successives peuvent bouleverser la course.
La BMC absente des débats
Lauréat de la Flèche l’an passé, le champion du monde 2009, Cadel Evans -blessé aux quadriceps- ne sera pas de la partie cette semaine. Après le forfait de Karsten Kroon (3e de la Flèche 2006 et 2e à Liège en 2009), l’équipe BMC est donc décimée et la stratégie générale de la course s’en trouve chamboulée. Depuis la victoire d’Éric Dekker en 2001, la formation batave Rabobank attend désespérément de faire sauter le champagne sur sa course. Elle comptera sur Robert Gesink pour s’imposer sur l’épreuve la plus importante de l’année aux Pays-Bas. Ne pas sous-estimer l’espagnol Samuel Sanchez : le champion olympique en titre devra montrer une nouvelle fois toute sa classe en terme de stratégie. Son point faible ? Sa formation Euskatel, toujours aussi pauvre collectivement. Passé le palier des 200 kilomètres de course, Sanchez sera sans-doute, seul. La grosse cote ? L’inoxydable Alexandre Vinokourov, l’un des coureurs le plus malin du peloton est capable de réaliser un festival dans le final. En témoigne son numéro dans la quatrième du Tour du Pays-Basque où il a tenu en respect le peloton dans les trois derniers kilomètres. Mais durant ces trois courses mythiques, c’est sur plus de 250 kilomètres qu’il faudra se montrer d’attaque.
Martial Hespel



