Sonia Fiuza
"Je suis très attachée à ma ville"
Comment devient-on ceinture noire de karaté ?
Avec beaucoup de travail et de passion ! J’ai commencé le karaté à 6 ans. C’était à l’école primaire ; ça m’a tout de suite plu. Puis mes parents m’ont inscrit dans un club. C’est là que tout a commencé.
Qu’est-ce qui vous a plu justement ?
Le côté « philosophique » de ce sport : la discipline, le respect, la concentration. Il m’a permis de savoir gérer mon stress ; d’avoir une plus grande maîtrise de moi-même. Et c’est ce qui fait, je pense, la différence avec les autres sports.
Vous concourez dans la catégorie kata. Pourquoi avoir choisi cette « voie » plutôt que le combat ?
On commence d’abord à pratiquer les deux puis après, comme dans tous les sports, on se spécialise. Je me suis orientée vers le kata surtout pour le côté esthétique, artistique et technique des enchaînements. Le travail doit être carré, réalisé à la perfection ; à l’image de mon caractère. J’aime ce charisme, cette force intérieure qui se dégage des mouvements. Et puis mon petit gabarit amène plus de dynamisme.
Vous êtes niçoise, vous vous êtes toujours entraînée à Nice. Pourquoi n’êtes-vous pas « allée voir ailleurs » ?
Je suis très attachée à ma ville. J’ai eu l’opportunité, à plusieurs reprises, de partir à l’INSEP ou dans d’autres pôles France mais je préfère être entourée de mes amis et de ma famille. Mon entourage est primordial et est pour beaucoup dans ma réussite sportive. Et puis, à l’INSEP, par exemple, le choix des études est limité pour les sportifs de haut niveau. Ici, à Nice, j’ai pu décrocher un BTS en communication.
Vous êtes donc dans le même club et vous avez le même entraîneur qu’à vos débuts ?
Non, je m’entraîne au Nice Elite Sport, le club de Christophe Pinna, depuis 2003. Je m’entraîne environ deux heures tous les soirs. Depuis que j’y suis, je m’entraîne seule. Il y a forcément des hauts et des bas ; parfois, c’est difficile de se motiver, mais ça me convient, ça correspond bien avec mon caractère plutôt solitaire ! Et je me rends compte, grâce aux stages que je fais avec l’équipe de France, que mon entraînement est de qualité.
Quel est votre meilleur souvenir sportif ?
J’en ai deux ! Le premier, c’était en 2003, à Marseille, pour ma première participation aux championnats du monde. J’avais 16 ans. Je sortais d’une opération à un genou et j’étais blessée à l’autre. J’ai fini troisième. C’était inespéré. Je me suis prouvée que j’étais capable de revenir après ma blessure. Mon deuxième souvenir est avec l’équipe de France. En 2008, aux championnats du monde à Tokyo, nous finissons deuxièmes par équipe. Ca faisait seulement trois mois qu’on s’entraînait ensemble ! Un grand moment.
Le karaté n’est pas un sport professionnel… Exercez-vous une activité professionnelle ?
Oui, je travaille à la Direction des sports de la ville de Nice. Grâce à la « convention d’insertion professionnelle » réservée aux sportifs de haut-niveau, mes horaires sont aménagés en fonction de mon calendrier sportif. Je suis éducatrice sportive auprès des jeunes de quartiers, j’interviens dans les écoles pour vanter les valeurs du sport et, depuis peu, j’encadre une initiation au karaté un après-midi par semaine dans une école niçoise. Je travaille également avec la cellule « événementiel sportif » de la ville. J’aime vraiment ce que je fais.
Quels sont vos prochains objectifs sportifs ?
Il y a d’abord les championnats d’Europe, à Zurich, en mai prochain. On a fait troisième en 2008, on vise donc un nouveau podium et puis tant qu’à faire battre les Espagnoles, championnes du monde, et décrocher le titre. Et surtout, l’année prochaine, les championnats du monde auront lieu à Paris. Ca va être énorme !
Clara Chaskiel
Post-Scriptum
Principal palmarès
Equipe :
5ème au championnat du monde 2010
Vice-championne du monde en 2008
3ème au championnat du monde en 2005
3ème au championnat d’Europe en 2008
3ème au championnat d’Europe en 2007
Individuel :
Vice-championne de France 2011
3ème au championnat de France 2010



