Sport : presse sous pression
On les connait pour la politique, pour l’actualité du monde des finances. Mais, le journaliste sportif peut être à des pressions. Clubs, dirigeants et même sportifs sont habitués à ce genre de pratique.
Personne n’aime se voir critiquer dans les médias. Cela se comprend. Mais la vocation du journaliste est de relater l’actualité de la manière la plus impartiale possible. En sport, lorsqu’une équipe obtient des résultats désastreux, le journaliste se doit de transmettre l’information au grand public. Plus qu’un simple et froid compte-rendu, il doit aussi décrire précisément la prestation des sportifs. Et c’est là ou le bat blesse pour ces derniers. Ils peuvent d’ailleurs parfois le faire comprendre sans détour aux journalistes.
Du donnant-donnant
En pratique, la relation entre le monde du sport et celui des médias est basée implicitement sur la règle du donnant-donnant. Le journaliste fait écho d’un événement concernant un club ou un sportif. En échange, ceux-ci accordent quelques privilèges au journaliste tels que des entrevues privées ou une exclusivité sur la prochaine grosse information le concernant. A priori, il n’y a rien de bien extraordinaire dans ce système. Sauf que, dans certains cas, les acteurs du monde sportif ont la manie de penser que l’article de complaisance fait partie du contrat moral.
Et lorsqu’un article défavorable parait, ils ont aussi tendance à considérer ce contrat comme caduc. Au mieux, le reporter a droit à une réprimande gentille de la part de l’attaché de presse, le lendemain de la parution du papier. Au pire, c’est le boycott total du journaliste… Quand ce n’est pas celui de toute la rédaction pour les plus rancuniers.
Un vocabulaire plus souple mais pas complaisant
Pour éviter ce genre de conséquence, le journaliste sportif doit avoir du tact et être diplomate dans son écriture, tout en gardant l’idée essentielle et l’angle de son article. Par exemple, il ne faudra pas écrire « L’OGC Nice accumule les prestations pitoyables. », mais plutôt « Le jeu des Aiglons inquiète ces derniers temps ». Ce qui est tout aussi vrai mais moins brutal pour l’égo des intéressés. Et si ce type de détail n’est pas suffisant pour calmer leur colère, tant pis. Un journaliste sportif ne doit pas sacrifier sa crédibilité sur l’autel du relationnel. Aucun lien professionnel ne vaut l’abandon de son indépendance.
Nicolas Mison
Post-Scriptum
Le "no comment" du Nice Volley-Ball
Lors d’un stage dans la rédaction du site internet d’information locale nice-premium.com, j’étais chargé de couvrir un match à domicile du Nice Volley-Ball face à Tours. La rencontre se solde par une défaite cinglante des Niçois (0-3). Mon article sur le match est légèrement acide le lendemain. Conséquence direct : le match suivant (qui se termine aussi par une défaite 0-3 contre Tourcoing), lorsque vient le moment de poser des questions à l’entraineur, je n’ai même pas le temps de venir à sa hauteur qu’il s’engouffre dans les vestiaires, même chose pour les joueurs qui se fendent d’un "no comment". Les sportifs seraient-ils versatiles ?





